Un astronaute fait pousser des fleurs dans l’espace

Samedi dernier, l’astronaute américain Scott Kelly a émerveillé la twittosphère en partageant la photo d’une plante ayant fleuri à bord de la station spatiale internationale. Une prouesse qui présage la possibilité de jardiner au delà de la stratosphère.

Faire pousser des végétaux dans l’espace est l’un des défis que la NASA tente de relever depuis plusieurs années. Si en 2014, les astronautes de l’ISS avaient fait parlé d’eux en obtenant des laitues à bord de la station, c’est aujourd’hui au tour de l’américain Scott Kelly de faire sensation avec l’éclosion d’une fleur ! Une réussite obtenue grâce à un système hydroponique appelé VEGGIE, reproduisant les conditions terrestres à 400 km de la surface de la Terre… la gravité en moins.

La grande difficulté de ce projet consiste justement à parer à cette apesanteur. Comment l’eau d’arrosage se diffuse-t-elle du sol à la plante ? Comment une plante à tige s’acclimate-t-elle à l’absence de gravité ? Des questions que la culture du zinnia, fleur haute sur tige et au cycle de croissance particulièrement long devait permettre de répondre.

VEGGIE © NASA

Jardiner comme à la maison

Les prédécesseurs de Scott Kelly se sont donc lancés dans la plantation des zinnias, mais rapidement, ils se sont aperçus que l’eau d’arrosage perlait systématiquement sur le bord des feuilles et à terme faisait moisir la plante… A son arrivée, l’astronaute américain a donc demandé à la NASA l’autorisation de ne plus suivre le planning d’entretien des fleurs, mais simplement de se baser sur ses propres observations pour s’en occuper, comme il l’aurait fait avec son jardin du New Jersey. Deux semaines plus tard, le premier zinnia extraterrestre voyait le jour !

Zinnia dans l'espace © Scott Kelly

C’est ainsi qu’il a pu déclarer avoir fait pousser la première fleur de l’espace, ce 16 janvier 2016. A vrai dire, il s’agit plutôt du premier zinnia à avoir fleuri dans l’espace, car, même si elles ne sont pas légion, d’autres fleurs y ont déployé leurs pétales (un tournesol en 2012 et une arabette des dames en 1982). Parmi les autres types de végétaux à avoir poussé au-delà de notre stratosphère, on retrouve le blé, le radis, le petit pois ou le chou chinois.

Mais pourquoi jardiner dans l’espace ?

L’utilité d’un tel projet permet à la NASA de mettre en place une mission prévue pour 2030 : celle d’envoyer des humains sur Mars ! Faire pousser leurs propres légumes permettrait aux astronautes de subvenir en partie à leurs besoins alimentaires durant les 6 mois nécessaires pour parcourir les 500 millions de kilomètres qui séparent les planètes bleue et rouge.

Par ailleurs, manger des produits non déshydratés est bénéfique aux équipes et joue un rôle non négligeable sur leur moral. Enfin, il est prouvé que le côté récréatif du jardinage ainsi que la perspective de faire pousser des plantes dans un environnement aussi isolé que celui d’une navette spatiale apporte des bénéfices psychologiques indéniables aux astronautes.

Ainsi, les zinnias de Scott Kelly annoncent une chose : l’Homme commence à vraiment comprendre comment cultiver dans l’espace ! Une conclusion qui devrait se vérifier en 2018, avec une mission embarquant avec elle des graines de tomates.

 

Crédit photos : NASA, Scott Kelly

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