Des graffitis botaniques dans les rues de Nantes

Entre street art et leçon de botanique, les inscriptions de Frédérique Soulard, conteuse de son état, interpellent les nantais. Redorant le blason de celles qu’elle appelle les « Belles de bitume », elle réhabilite les plantes des rues et instruit par la même occasion les passants qui les croisent.

Mi-juin, le travail poétique de Frédérique Soulard, qui officiait jusque là discrètement dans les rues de Nantes, est mis en pleine lumière sur les réseaux sociaux. Un facebooker poste plusieurs photos du projet de la conteuse et le voici partagé à plus de 5000 reprises.

L’idée est simple, mais efficace : inscrire sur les trottoirs les noms des plantes sauvages qui les habitent. Nées dans les brèches de la ville, les « mauvaises herbes » se voient ainsi désignées par leurs vrais noms de baptême, tel un cartel sous une toile.

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L’objectif de la manœuvre est d’attirer l’attention sur ces plantes destinées au désherbage et de sensibiliser les nantais à la biodiversité de leur ville. Les nommer, c’est leur donner vie, c’est faire prendre conscience qu’elles existent.

De cette manière, Frédérique Soulard oriente l’intérêt des passants et propose à ceux qui la croisent d’inscrire eux-mêmes les noms à la peinture. Sans prétention scientifique, mais plutôt poético-écologique, le projet de l’artiste familière du milieu de l’herboristerie, fait uniquement usage des noms vernaculaires des plantes, et privilégie ceux dotés d’une évocation particulière.

Cette sélection favorise bien évidemment les dénominations les plus poétiques, mais c’est aussi le meilleur moyen pour que les passants retiennent durablement les appellations en question. C’est certain, il est plus simple de se rappeler du terme « dent de lion » que « taraxacum officinal »… Ainsi, vous apprendrez que vous croisez, quotidiennement sans doute, de l’herbe aux mamelles, de l’orge des rats ou encore de l’aster des murailles… Ça vous change un trajet vers l’arrêt de bus en aventure de l’Arche perdu !

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Désormais localement connue et reconnue, Frédérique Soulard jouit d’une totale immunité. La Mairie de Nantes, sensibilisant ses habitants au végétal, soutient son projet et souhaite conserver les inscriptions. Une initiative allant donc poétiquement dans le sens de la politique de la ville.

 

Pour en savoir plus, le site de Frédérique Soulard.

 

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