Quand les tags se font mousse

Le milieu du street art opère ces temps-ci une mutation connectant précisément l’univers urbain au monde végétal. En 3 dimensions, tactiles et évolutifs, des tags vivants commencent à investir les rues à l’échelle planétaire. Une invasion 100% écologique.

Depuis quelques mois, les tags et autres graffiti connaissent un renouvellement du genre grâce à l’émergence d’un mode de street art alternatif basé sur un principe inédit : remplacer la peinture des bombes par une solution végétale. Cette mixtion servira de support à de la mousse végétale, ou encore fera naitre elle-même naître la mousse.

Ainsi, le message tracé prend littéralement vie ! Cette technique demande de la patience, de l’arrosage (eh oui !) et confère sans aucun doute une singularité distinctive au texte ou dessin, le rendant plus visible que jamais.

mousse_fields

Dans ce procédé, aucune matière toxique n’intervient ce qui en fait une alternative véritablement révolutionnaire au tag à la bombe. De plus, la mousse étant connue pour ses propriétés d’exterminateur de particules, le street art se fait aujourd’hui d’utilité écologique ! Ce principe fait depuis quelques mois des émules et on en trouve des adeptes aux quatre coins du monde.

Anna Garforth, artiste londonienne, utilise par exemple cette technique afin de réaliser des œuvres typographiques sur les murs de la capitale anglaise. Après avoir observé la mousse pousser sur des lettres gravées sur une pierre tombale, elle eut l’idée d’exporter et d’agrandir le concept jusqu’à en faire des œuvres d’une précision impressionnante.

mousse_natur

Autre exemple, celui du collectif newyorkais Mosstika, avec à sa tête Edina Tokodi, qui voit en ces green graffitis, la possibilité de gommer la frontière entre constructions humaines et monde naturel. Ainsi, la cofondatrice du mouvement explique délivrer ce message dans des lieux fréquentés mais à l’écart du monde artistique où toute réflexion sur le rapport ville/nature reste étrangère.

mousse_wunderbaum

Cette technique ouvre, pour d’autres, de nouvelles possibilités à valeur lucrative. Certains cabinets d’architecture, de design ou agences publicitaires récupèrent l’idée et en font ainsi leur fonds de commerce.

mousse_publicités

Comme on vous le disait, des émules, il y en a partout et dans tous les milieux…

Alors, afin que vous puissiez vous aussi rejoindre le mouvement, voici la formule qui vous permettra de vous lancer avec succès dans le graffiti en mousse. A vos blenders !

mousse_recette

Ingrédients : 3 poignées de mousse végétale, 700 ml d’eau tiède, 1 demi-cuillère à café de gel de rétention d’eau de jardinage bio, 120 ml de babeurre (ou lait avec du citron), 1 mixeur

A humidifier une fois par semaine.

 

Pour en savoir plus :

– le site d’Anna Garforth,

– le site du collectif Mosstika.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone